Arrêtez de construire des usines à gaz : Pourquoi votre MVP est votre meilleure assurance ROI
Vous avez une idée géniale. Vous imaginez déjà l’application parfaite, avec une interface soignée, une intelligence artificielle bien huilée et toutes les fonctionnalités dont vos utilisateurs pourraient rêver. C’est excitant, non ?
Pourtant, c’est précisément là que le piège se referme. En tant que Product Manager, je vois trop souvent des porteurs de projet épuiser leur budget et leur énergie à bâtir une cathédrale, pour s'apercevoir à la sortie que les fidèles préfèrent prier en plein air.
Aujourd’hui, parlons du MVP (Minimum Viable Product). Mais attention, oubliez la définition réductrice du "produit au rabais". Le MVP, c’est l’art de dire "non" au superflu pour s’assurer que chaque euro investi serve vraiment à quelque chose.
1. Le MVP n'est pas une version "low-cost", c'est une stratégie de survie
Beaucoup de clients craignent que le MVP ne dégrade leur image de marque.
C’est l’inverse.
Faire un MVP, ce n'est pas livrer un produit cassé ou moche ; c’est livrer un produit qui résout un seul problème, mais qui le fait mieux que quiconque.
- L’idée ? Identifier le cœur de votre proposition de valeur.
- L’avantage business ? Vous réduisez votre time-to-market. Plus vite vous mettez votre produit entre les mains des utilisateurs, plus vite vous obtenez des données (ou des revenus) réels, plutôt que de rester bloqué sur des hypothèses Excel.
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2. L’anecdote du "Tinder des bricoleurs" (ou comment faire économiser 50k€)
Laissez-moi vous raconter l'histoire d'un client qui voulait créer une plateforme de mise en relation pour bricoleurs amateurs. Son cahier des charges initial ? Un système de chat vidéo intégré, un algorithme de matching par IA et un module de paiement complexe. Coût estimé : 6 mois de dev et un ticket à cinq zéros.
Nous avons tout stoppé. À la place, nous avons lancé une simple page web (Landing Page) avec un formulaire et un bouton "Trouver un bricoleur". Derrière ? Le client faisait les mises en relation... à la main, par email.
Résultat : En une semaine, on s'est rendu compte que les gens ne voulaient pas "discuter" avec des bricoleurs, ils voulaient juste réserver des outils en location. En changeant de trajectoire immédiatement grâce à ce MVP "artisanal", il a économisé 50 000 € de développement inutile. C'est ça, l'esprit Product.
3. La méthode : Comment élaguer sans sacrifier ?
Pour passer de l'idée au MVP, nous utilisons souvent la méthode MoSCoW. C'est votre boussole pour ne pas dériver.
Must-have (Indispensable)
Ce sont les fonctionnalités sans lesquelles votre produit n'a aucun sens.
- Bénéfice business : Assurer la résolution du problème principal. Si vous construisez une voiture, le "Must-have", c'est le moteur et les roues, pas l'autoradio.
Should-have (Important mais non vital)
Des fonctions qui apportent de la valeur, mais dont on peut se passer pour le lancement.
- Bénéfice business : Éviter de retarder la mise en ligne pour des détails de confort.
Could-have (Le bonus)
Ce qui serait "cool" d'avoir si on a du temps et du budget.
- Bénéfice business : Garder ces idées en réserve pour la V2, une fois que le marché aura validé le concept.
Won’t-have (Pour cette fois)
Ce qu'on décide explicitement de ne pas faire. C'est la catégorie la plus importante.
- Bénéfice business : Protéger votre trésorerie et la santé mentale de vos développeurs.
4. Le cercle vertueux : Build, Measure, Learn
Le "Product", ce n'est pas une ligne droite, c'est une boucle.
- Build (Construire) : On code le strict nécessaire.
- Measure (Mesurer) : On regarde comment les gens cliquent (ou ne cliquent pas).
- Learn (Apprendre) : On ajuste.
Conseil d'expert : Ne demandez pas à vos utilisateurs ce qu'ils veulent. Regardez ce qu'ils font. Les paroles sont gratuites, les comportements sont des vérités.
Actionnable en 5 minutes : Le test du "Et si ?"
Prenez votre liste de fonctionnalités actuelles. Pour chacune d'entre elles, posez-vous cette question :
"Si j'enlève cette fonction, est-ce que mon utilisateur peut toujours résoudre son problème principal ?"
Si la réponse est Oui, barrez-la. Vous venez de gagner une semaine de développement et quelques milliers d'euros.
5. Externaliser son MVP : Un boost de vitesse, pas une perte de contrôle
On nous pose souvent la question : "Pourquoi confier mon produit à une agence plutôt que de recruter en interne dès le départ ?" La réponse tient en un mot : l'agilité. Recruter une équipe complète (Product Manager, UX Designer, Développeurs Senior) prend en moyenne 4 à 6 mois. Avec une agence, vous commencez demain.
Mais externaliser ne signifie pas nous donner les clés et fermer les yeux. C'est un partenariat stratégique :
- L'œil du consultant : Nous avons vu des dizaines de produits échouer ou réussir. On apporte ce recul pour vous challenger et éviter les erreurs classiques.
- La culture du livrable : Une agence est structurée pour sortir des fonctionnalités, là où une équipe interne en création peut parfois s'enliser dans des débats sans fin.
Et la suite ? On ne va pas se mentir, si votre produit cartonne, vous voudrez internaliser. C'est l'ordre naturel des choses. C'est là que notre rôle de "mentor" prend tout son sens : nous préparons le terrain avec une architecture technique propre et une documentation claire pour que la passation à votre future équipe se fasse sans douleur. Nous ne construisons pas une "boîte noire", mais un socle solide que vos futurs talents seront ravis de reprendre.
On en discute ?
Le plus dur dans un projet web, ce n'est pas de rajouter des idées, c'est d'avoir le courage de les retirer.
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